18/04/2009

Revue de presse

Mouscron v Standard


Composition de l'équipe de Mouscron:
Volders, Teklak, Van Gijsegem, El Araichi, Vandooren, Assou-Ekotto, Ouali, Sishuba, Lepoint, Baseggio, Deranja

Composition de l'équipe du Standard de Liège:
Bolat, Marcos, Onyewu, Sarr, Mulemo, Dalmat, Defour, Witsel, Carcela, Jovanovic, Benteke

Remplaçants:
Espinoza, Goreux, Mikulic, Yagan, Nicaise, Mangala, Benko.

Arbitre:
M.Nzolo


L’histoire ne repasse pas toujours les mêmes plats. Il y a quasiment un an, Sclessin chavirait de bonheur avec le premier titre du Standard depuis 25 ans. Cette saison, le suspense est à son comble et chaque match s’assimile à un quitte ou double. L'heure n'est plus aux calculs, même si certains s'obstinent à dire que ne pas jouer en 4-4-2 a coûté des points au Standard (et il ne s'agit pas uniquement de Milan Jovanovic). Le genre de remarque qui a bien sûr le don d'irriter Laszlo Bölöni. “Que chacun fasse son boulot.”, réplique-t-il. “Un joueur est là pour faire des passes et marquer des buts. Parlons alors de l'animation de jeu, parlons par nos actes. C'est pour ça que je suis
payé, respecté...ou pas.”
Si les esprits mouscronnois broient du noir (mais les tracas peuvent s'oublier l'espace de 90 minutes de gala), le Standard doit aussi se montrer
mieux inspiré au Canonnier que la semaine passée contre Lokeren. “Ça veut dire quoi faire la différence le plus tôt possible?”, s'interroge le coach du Standard. “On peut écrire les plus beaux scénarios mais il faut toujours attendre la vérité du match. Contre Lokeren, nous avons marqué très vite, ce qui n'a pas empêché beaucoup d'erreurs par la suite.”

Dans leurs plus beaux rêves, les Rouches connaissent la trame idéale:une victoire à Mouscron et un faux pas d'Anderlecht dans le Kuipje de Westerlo. “L'idéal, c'est d'être champion le plus vite, comme ça les vacances seront plus longues.”, rigole Momo Sarr. “L'an passé, on fêtait le titre. Pour l'instant, nous sommes revenus à égalité avec Anderlecht et nous voulons passer devant parce que je suis sûr qu'on ne nous rattrapera plus. Avec l'équipe que nous avons, si tu mènes 1-0, on peut s'organiser parce que je sais que nous aurons les occasions. De toute façon, si nous gagnons tous les matches au programme, nous serons champions; Avec ou sans test-matches. Nous avons goûté à la victoire, on veut la revivre.” Il faudra bien gérer la pression. “Michel était plus stressé. Bölöni est plus cool. Du moins ne laisse-t-il rien transparaître vers l'extérieur alors qu'il a plus de problème que Jacobs.”

Benteke comme Lukunku?

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(GDS - Ph.Gerday) Une partie du poids de l’attaque du Standard reposera sur les épaules d’un jeune gars de 18 ans. Avec Christian Benteke pour suppléer Dieumerci Mbokani, on entendra encore le lingala sur la pelouse du Canonnier. Les perles d'origine congolaise font le bonheur de Sclessin depuis quelques années. Après les frères Emile et Mbo Mpenza, Ali Lukunku et Dieumerci Mbokani, le Standard (re)découvre Christian Benteke. Ce soir, le jeune Beynois sera bien inspiré en suivant l'exemple de Dieu...et d'Ali. Car le parallèle est très grand avec un certain déplacement au Brussels d'il y a deux ans. Privé des deux attaquants habituels (à l'époque Jovanovic et De Camargo), Ali Lukunku était sorti du placard pour s'offrir une résurrection inattendue (2 buts), confirmée par un nouveau doublé la semaine suivante au CS Bruges dans des circonstances aussi difficiles. Notez que l'international belge en U19 a déjà répondu aux attentes avec deux buts en deux titularisations (Tubize et Lokeren). “C'est vrai que marquer doit devenir une obsession.”explique-t-il calmement. "Chez les jeunes, on n'est pas assez mûr pour comprendre ce qu'un but peut apporter. À l'époque, un assist avait même ma préférence. Maintenant, je comprends à quel point un but peut donner de la confiance. À l'équipe comme à toi-même. Et plus personne ne rigole désormais de mon pied gauche.”

Cette fois-ci, il aura le redoutable honneur de remplacer l'infortuné Dieumerci Mbokani. “J'espère en effet recevoir une nouvelle chance. Aux côtés de Milan Jovanovic, je devrai un peu m'adapter. J'ai plus l'habitude d'évoluer avec Dieu.” Une proximité qui est également linguistique. “À la maison, mes parents parlent le lingala. Au Standard, je le parle aussi avec Dieu et Landry Mulemo. En dehors des jeunes Carcela et Mangala, c'est d'eux dont je suis le plus proche, sans oublier Dalmat.” Au contact de l'équipe première, le métier ”entre” comme on dit. "La protection du ballon, c'est la marque de l'enseignement de Van Geneugden. Je réfléchis plus vite quand je reçois le ballon, j'apprends à réagir comme un pro, même si je suis encore loin d'en être un. Contre Lokeren, j'ai trop donné en première mi-temps. À l'avenir, je dois mieux doser mes efforts.” Si le “grand” a besoin d'être parfois recadré, il peut aussi compter sur Laszlo Bölöni pour le maintenir sur les bons rails. “Au début, cela a été perturbant de ne plus me changer dans le même vestiaire que les autres. J'ai bien rigolé de Yagan et des autres avant de connaître l'effet boomerang. Le coach nous protège beaucoup et je ressens une différence avec Genk: une confiance récompensée par du temps de jeu." A justifier ce soir avec un petit but?

“Pour compléter la liste”

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Après deux matches avec les U21 (dont 90 minutes lundi à Lokeren), Momo Sarr pourrait retrouver sa place dans l'axe de la défense. Le conditionnel reste de mise puisque Laszlo Bölöni ne dévoile pas ses cartes. “Le coach ne m'a rien dit...et il sait que je ne pose pas de problèmes. Quand une équipe tourne, tu dois être à 100% pour entrer dedans. Il faut voir l'intérêt de l'équipe.Bien sûr, si on pose la question, je suis prêt.Mais peu importe qui joue, le plus important est de prendre les 15 points qui restent.” Malgré un 2e tour perturbé, le Sénégalais figure parmi les 5 nominés pour le Soulier d'Ébène. “À mon avis, il voulait quelqu'un pour compléter la liste (rires). J'étais déjà nominé l'an passé. J'espère que le trophée ira à Dieumerci Mbokani.”

Lombaerts pour Onyewu: pas confirmé

 

Au repos en Belgique pour un gros mois encore, Nicolas Lombaerts fait parler de lui dans la presse russe. On peut y lire que, suite au transfert de Fernando Meira, le Zenit serait prêt à le laisser partir pour une somme dérisoire et la piste du Standard est évoquée en remplacement d'Onyewu. Son manager Guy Bony ne confirme pas. “Pour l'instant, Nicolas est toujours blessé. Je n'ai eu aucun signe allant dans le sens d'un départ de la part de Nicolas ou du Zenit. Pour l'instant, il se soigne et la guérison avance lentement.” Transféré pour 4 millions d'E l'ex-international Espoirs est encore sous contrat en Russie jusqu'à la fin de l'année 2010.

“J’aurais préféré un autre contexte”

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En dehors du “clasico” le match de ce soir au Canonnier aura sans doute le plus animé les conversations du 2e tour au Standard. En pleine “bourre” pour le titre, le Standard a toujours espéré pouvoir disputer ce match mais n'a jamais souhaité voir un Excel en phase terminale. “Traditionnellement, il s'agit toujours d'un de nos matches les plus difficiles de la saison.”, se souvient le directeur technique Dominique D'Onofrio.“ Un duel entre deux équipes francophones, cela véhicule un parfum de derby. Maintenant, défier Mouscron dans un contexte aussi délicat va rendre notre tâche encore plus difficile. Dans leur situation, les joueurs voudront se montrer et vont y puiser une source d'énergie supplémentaire. J'aurais préféré un autre climat autour de ce match.”

Bölöni, mon coach idéal

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(GDS - D.Schyns) Le 20 avril 2008, Dieumerci Mbokani avait offert, à la faveur d’un match cinq étoiles livré face à... Anderlecht, le titre au Standard. L’euphorie a fait
place, un an plus tard, à une énorme frustration: victime d’une entorse du ligament
latéral interne du genou gauche, le Congolais pourrait rater la fin de saison. De ce 20 avril 2008, Dieumerci Mbokani conserve des images plein la tête. Plus lumineuses,
plus festives les unes que les autres. “Ce match face à Anderlecht constitue le meilleur souvenir de ma carrière.”, dit-il. “Parce que mes deux buts avaient permis au Standard d'effacer 25 ans de disette, mais aussi parce qu'ils avaient été inscrits face au Sporting et sous les yeux de Zinedine Zidane, venu remettre à Steven Defour son Soulier d'Or. On ne pouvait rêver plus beau décor...” Un an plus tard, Mbokani n'a effacé aucune image de sa mémoire. Les souvenirs défilent, liés à cette liesse qui avait envahi Sclessin et toute la Cité ardente. “Mais aussi Kinshasa.”, ajoute-t-il. “C'est un sentiment de fierté qui avait accompagné mon retour au pays...”

En douze mois, l'international congolais a changé. Il est devenu, dit-il, un autre footballeur. “J'ai gagné en puissance, ce qui est essentiel aujourd'hui. J'ai aussi appris à mieux presser l'adversaire, de façon plus intelligente, plus efficace. Laszlo
Bölöni a fait de moi un attaquant plus complet et plus moderne."
Dans “Standard Magazine”, à paraître en fin de semaine prochaine, le meilleur buteur actuel du championnat ne cache d'ailleurs pas ses préférences. “Laszlo (sic) est le meilleur entraîneur que j'ai connu jusqu'ici.”, confie-t-il.“Il me parle toujours beaucoup, me conseille et me fait progresser à chaque entraînement. Avec lui, je me sens libéré, au point de ne jamais hésiter à lui faire une blague ou un sale coup dans le vestiaire. Michel Preud'homme était plus distant, plus froid. Il communiquait nettement moins avec moi. Bölöni me donne tout ce qu'un professionnel peut attendre d'un entraîneur: la confiance, l'envie de bien faire, le goût au travail.”

Victime d'une entorse du ligament latéral interne du genou gauche, Dieumerci Mbokani loupera, ce soir, le déplacement à Mouscron. Mais il sera le premier supporter des Rouches. C'est qu'en cas d'issue favorable, le 16 mai, le Congolais fêterait là son...troisième titre consécutif. “Le Standard mériterait d'être champion. Nous avons souvent développé du jeu, en y ajoutant de la qualité, de la vitesse et de la technique. C'est cela, le vrai foot...” L'avenir? Lié au club liégeois jusqu'en 2013, Mbokani n'a jamais caché son envie de rejoindre un grand club étranger. “C'est faire preuve d'ambition de le dire.”, affirme-t-il. “Ce n'est pas négatif pour le Standard. Au contraire, je n'oublierai jamais ce que ce club m'a offert, ce qu'il a fait de moi et la façon dont il m'a permis de me révéler. Je lui en serai éternellement reconnaissant. A un point tel qu'en cas de départ, il n'est pas impossible du tout que j'y revienne un jour. Le Standard, c'est mon club de cœur...”

Blackburn s'est ainsi manifesté, qui a proposé une somme de 13,5 millions pour s'attacher les services de Mbokani. Lequel demeure serein...“Si une belle offre arrive, j'en discuterai avec la direction, qui a le pouvoir de décision. Je sais que de nombreux clubs me suivent, mais mon ambition est de rallier un club du top 5 d'un grand championnat européen. On verra...”

Promis à Dieumerci Mbokani, le titre de meilleur buteur échappera-t-il à l'international congolais si celui-ci devait finalement faire l'impasse sur la fin de championnat? “Je prie pour qu'il n'en soit rien ”, explique celui dont le compteur est arrêté à 16 réalisations (c'est 2 de mieux que Jaime Ruiz, l'attaquant de Westerlo). “Cette blessure tombe au plus mauvais moment. Mon objectif était de dépasser la barre des 20 buts...” D'ici la fin de saison, Mbokani sera l'un des grandissimes favoris du Soulier d'Ébène, dont le verdict sera connu le 11 mai, mais aussi du Gala du Footballeur pro, dont le lauréat sera désigné le 17 mai à Lint (région anversoise). “Ces deux jours-là, je serai présent.. à la maison ”, confirme-t-il.“Je reste sur ma position, prise au lendemain du Soulier d'Or: ces cérémonies ne m'intéressent pas. Je n'y mettrai pas les pieds. Le Soulier d'Ébène, je m'en fous...Seul compte à mes yeux, après le titre, le classement du meilleur buteur. Si ce titre est honorifique, c'est le plus beau, parce qu'il traduit la réalité et ne laisse aucune place à la subjectivité...”

S'il est devenu le parrain d'un projet destiné à fournir en équipements sportifs le club de Lemba, à Kinshasa (une récolte sera organisée lors de Standard-FC Bruges), Mbokani participe aussi, à sa manière, à la vie de JAD, un club situé dans la commune de Ngaliema. “J'y ai joué deux ans.”, dit-il.“Dès que j'en ai l'occasion, je fais parvenir là-bas des chaussures et des ballons, pour tous ces jeunes qui n'aspirent qu'à jouer au football. Peut-être m'occuperais-je de ce club de manière plus pointue à la fin de ma carrière ”.

Si Dieumerci Mbokani s'est fait un nom depuis son arrivée en Belgique, ils sont nombreux, y compris dans le vestiaire liégeois, à l'appeler Bezua. “C'est ce que je préfère aussi.”, dit-il. “Bezua, c'est le nom de ma famille. Au Congo, c'est Bezua tout le temps...”Ce que l'on ne sait pas non plus, c'est que l'attaquant congolais deviendra papa au mois de juin.“D'un petit garçon qui portera le prénom de Dieni.”, dit-il.“Dieni pour associer Dieu et Nicolas, le prénom de mon père malheureusement décédé."

“Lorsque je jouais encore au Congo, mes équipiers me surnommaient Drogba.”, confie Mbokani, qui n'est pourtant pas Ivoirien. En bord de Meuse, certains l'ont affublé d'un
autre sobriquet:“Phéno”, pour Phénomène.“Il y a pire comme surnom ”, sourit le Congolais. “Ce sont surtout Onyewu et Sarr qui m'appellent ainsi.Que cela soit venu, au départ, de Mohamed Sarr me comble de joie. C'est, au Standard, le joueur le plus précieux, pour ses qualités footballistiques et la bonne humeur qu'il propage...”

Dieumerci Mbokani arbore deux tatouages imposants.Un scorpion, son signe zodiacal, sur le bras gauche, et une inscription, à connotation très religieuse, sur l'autre: “Only god protect my life” (“Seul Dieu protège ma vie”).En restera-t-il là? Pas sûr.“Il y a encore un peu de place disponible ”, sourit l'international congolais, qui entend se faire tatouer les noms de sa mère et de son père:Angélique Kota et Bezua Yeli.“Il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à mon père.”, dit-il. “Il me manque terriblement."

Amateur, comme le sont de nombreux footballeurs, de belles et puissantes cylindrées, Mbokani rêve de devenir propriétaire d'une Ferrari. “Mais avant cela, je vais sans doute m'offrir la nouvelle Bentley.”, dit-il. “Je possède, ici en Belgique, une Mercedes et une Peugeot. Je vais en expédier une des deux en Afrique, pour la mettre à disposition de mes frères et mes sœurs, à qui j'ai offert une maison. À Kinshasa, j'ai aussi une Touareg, dont toute la famille se sert...”

Ecrit par Rédaction standard.be

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